Pour beaucoup d’entre nous, le Cloud Computing, ou l’informatique en nuage, reste un concept abstrait, dont on ne comprend pas bien l’utilité. Lefrançais.eu a décidé de remonter aux origines du Cloud et de vous en dévoiler tous les secrets.
Définition du Cloud Computing
Selon notre ami Wikipédia, le Cloud Computing est l’exploitation de la puissance de stockage ou de calcul de serveurs informatiques distants, par l’intermédiaire d’un réseau (Internet). Ces serveurs sont ensuite loués à la demande, selon des critères techniques précis comme la puissance, la bande passante…mais également au forfait.
Un client, s’il en a les compétences, peut également gérer lui-même son serveur. Le Cloud Computing est donc une sorte de délocalisation de l’infrastructure informatique. Les données ainsi que les applications sont logés dans un « nuage », formé de plusieurs serveurs interconnectés, et distants les uns des autres. Toutes les grandes entreprises du secteur en font la promotion et le Cloud tend à se démocratiser.
Quelles sont ses origines ?
Si le Cloud Computing existait déjà sous différents noms comme l’externalisation ou l’hébergement sur serveur, c’est en 2002 qu’il voit réellement le jour.
Le Cloud Computing est en effet le fruit des investigations menées par Amazon Web Service, la société alors leader du e-business. Alors qu’elle doit satisfaire des millions de commandes sur son site, notamment aux approches de Noël, elle a l’idée d’investir dans un gigantesque parc de machines qui, le reste de l’année, sont sous-exploitées.
L’entreprise a alors l’idée de louer ces ressources inexploitées à d’autres entreprises durant les périodes creuses (hors fête) et à la demande. Amazon et les autres entreprises y ont chacune trouvées leurs comptes.
Les clients ont afflué et Amazon a du effectuer une extension de ses parcs et de ses prestations pour satisfaire la demande.
D’autres sociétés se sont donc inspirées de ce succès pour fournir des services identiques.
C’est en 2013 que le Cloud a été adopté massivement pas les entreprises.
Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, le marché du Cloud est en plein bouleversement et de nombreuses entreprises ont déjà franchi le cap.
Le grand public a depuis largement adopté le Cloud : sauvegarde de photos, messagerie, stockage de documents ou streaming reposent aujourd’hui presque tous sur des services hébergés à distance, souvent sans même que l’utilisateur en ait conscience. Les usages professionnels ont eux aussi explosé, portés par le télétravail, l’intelligence artificielle et la multiplication des objets connectés. Le marché est aujourd’hui dominé par trois géants américains (Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google Cloud), ce qui a poussé l’Union européenne et des acteurs comme OVHcloud à développer des offres de « cloud souverain » pour mieux protéger les données sensibles des entreprises et administrations européennes.
Le spécialiste français de l’hébergement et du serveur dédié, Express Ikoula, propose également son offre de Cloud public.
Que vous soyez une start-up, un particulier, une PME ou une mairie, le Cloud peut vous simplifier la vie. Alors, convaincu ?
Le Cloud face aux enjeux de souveraineté numérique
Depuis les débuts du Cloud Computing, un sujet a pris de plus en plus d’importance : la souveraineté numérique. Une grande partie des données des entreprises et administrations européennes est aujourd’hui hébergée par des acteurs américains (Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google Cloud), qui dominent largement le marché. Or ces sociétés restent soumises au droit américain, notamment au Cloud Act, qui autorise les autorités des États-Unis à réclamer l’accès à des données hébergées par une entreprise américaine, même lorsque ces données sont physiquement stockées en Europe. Cette situation a conduit l’Union européenne à renforcer son cadre juridique : le RGPD, en vigueur depuis 2018, encadre strictement la collecte et le traitement des données personnelles ; plus récemment, le Data Act (règlement européen 2023/2854), pleinement applicable depuis le 12 septembre 2025, impose aux fournisseurs cloud de faciliter le changement de prestataire et de garantir la portabilité des données, avec une suppression progressive des frais de migration prévue pour 2027. Ces textes ont aussi favorisé l’émergence d’offres de « cloud souverain » portées par des acteurs européens comme OVHcloud, destinées à héberger les données sensibles des entreprises et administrations sans les exposer au droit extraterritorial américain.
L’essor du Cloud porté par l’intelligence artificielle
Depuis 2023, l’essor spectaculaire de l’intelligence artificielle générative (comme ChatGPT et ses équivalents) a profondément transformé le marché du Cloud. Entraîner et faire fonctionner ces modèles nécessite une puissance de calcul considérable, ce qui a fait bondir la demande en centres de données (data centers) équipés de processeurs graphiques (GPU) spécialisés. Les grands fournisseurs de Cloud investissent désormais massivement dans de nouvelles infrastructures pour répondre à cette demande, au point que la disponibilité de puissance de calcul et d’électricité est devenue un enjeu stratégique, parfois une source de tension dans certains territoires. Le Cloud n’est donc plus seulement un espace de stockage à distance : il est devenu le moteur infrastructurel indispensable au développement de l’intelligence artificielle.
Mise à jour 2026 : l’Europe accélère vers un cloud souverain « made in Europe »
Depuis son apparition, le cloud computing a profondément transformé la manière dont les entreprises et les institutions stockent, gèrent et exploitent leurs données. Longtemps dominé par de grands fournisseurs internationaux, principalement américains, le marché du cloud connaît une nouvelle évolution en 2026 avec la montée en puissance du concept de « cloud souverain ».
Le 17 avril 2026, la Commission européenne a annoncé la mise en place d’un marché-cadre de 180 millions d’euros sur six ans destiné à renforcer l’utilisation de solutions cloud européennes pour l’hébergement des données des institutions de l’Union européenne. Plusieurs consortiums exclusivement européens ont été sélectionnés afin de proposer des infrastructures répondant aux exigences de souveraineté numérique, de sécurité et de contrôle des données.
Cette initiative marque une nouvelle étape dans la stratégie européenne visant à mieux maîtriser ses infrastructures numériques. Le principe du cloud souverain repose sur une idée centrale : garantir que les données sensibles restent sous un contrôle juridique et technique européen, notamment face aux risques liés aux législations étrangères pouvant permettre un accès aux données hébergées par certains acteurs internationaux.
Cette évolution intervient dans un contexte où le cloud mondial reste encore largement dominé par les grands hyperscalers américains. L’émergence d’acteurs européens spécialisés illustre toutefois une volonté croissante de réduire cette dépendance et de construire un écosystème numérique plus autonome.
En 2026, le cloud computing ne représente donc plus uniquement une révolution technologique liée au stockage et à l’accès aux données. Il devient également un enjeu stratégique majeur pour les États et les organisations, où les questions de souveraineté, de sécurité et d’indépendance numérique occupent désormais une place centrale.
